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ITW de Laurent Ballesta, explorateur des océans

Laurent Ballesta, Indiana Jones des Océans !

ITW de Laurent Ballesta au festival du film de l’aventure océanographique d’Océanopolis

ITW de Laurent Ballesta au festival du film de l’aventure océanographique d’Océanopolis

Kidiklik a rencontré l’Indiana Jones des océans ! Célèbre photographe et biologiste, Laurent Ballesta est l'un des prestigieux invités du Festival du film de l'aventure océanographique, qui se tient jusqu'à la fin des vacances, à Océanopolis.

Bercé par les aventures du commandant Cousteau, le plongeur en combi courte qui rêvait de grottes sous-marines, poissons fossiles et nautiles a réalisé son rêve. Équipé d’un recycleur et d'un appareil photo sous caisson, Laurent Ballesta explore inlassablement les océans avec son équipe. Les clichés époustouflants qu’ils nous rapportent à la surface témoignent de la richesse de la vie sous-marine depuis le canal du Mozambique jusqu’aux icebergs de Patagonie, en passant par les atolls polynésiens et la Grande Bleue. Le Saint Graal pour Laurent, c’est la découverte d’espèces encore jamais illustrées comme le cœlacanthe, poisson fossile dont il obtient les premières images sur son territoire à -100 m de profondeur.

© Laurent Ballesta

© Caroline Schoenfelder / Gombessa Expeditions

ITW DE LAURENT BALLESTA AU FESTIVAL DU FILM DE L'AVENTURE OCÉANOGRAPHIQUE D'OCÉANOPOLIS

Depuis combien de temps collabores-tu avec Océanopolis et dans quel cadre ?

Océanopolis m’a contacté en 2007 pour exposer des photos dans le cadre de l’année des récifs coralliens. Puis, ils m’ont aidé, alors que je n’avais aucun sponsor, à financer une expédition sur les migrations verticales en Nouvelle-Calédonie. J’ai notamment pu prendre des clichés de nautiles à -120 mètres de profondeur. Ensuite, ils m’ont un peu soutenu pour l’expédition du coelacanthe et d’autres projets sont à venir. Par ailleurs, j’interviens à Océanopolis lors de conférences thématiques.

Tu as réalisé tes premières plongées dans les eaux troubles au large de Palavas-les-Flots, est-ce que tu rêvais déjà de devenir explorateur des océans ?

Clairement OUI ! A partir du moment où j’ai commencé à plonger en club, je me suis projeté comme scientifique, plongeur, photographe, cinéaste et explorateur à bord de la Calypso  auprès du commandant Cousteau ! Tout petit, j’aimais barboter en palmes, masque et tuba mais je ne réalisais pas que c’était une passion. Mon cousin faisait de l’équitation et la plupart de mes copains du foot mais la plongée n’était pas considérée à l’époque comme une activité de loisir pour enfants. J’ai vraiment eu le déclic à 13 ans dès mes premières immersions au sein du club de plongée qui ne comptait que des adultes. J’ai réalisé alors que la plongée était ma passion !

De cette passion, comment es-tu parvenu à réaliser ton rêve d’explorer les océans ?

Pour réaliser son rêve, je pense qu’il faut être persévérant, monomaniaque et surtout, il faut travailler sans relâche si on n’est pas virtuose. Les virtuoses possèdent ce talent qui  leur permet de réussir sans faire d’effort. La chance est un facteur également très important. J’ai eu beaucoup de chance de faire les bonnes rencontres au bon moment.

Quelles sont les rencontres sous-marines les plus marquantes et que t - ont -elles apporté ?

Curieusement, c’est un tout petit poisson de 3 cm : le Gobie d’Andromède que personne n’avait jamais vu et que j’ai découvert à 22 ans dans la réserve de Cerbère/Banyuls. J’avais la naïveté de croire que cette découverte symbolique au pied du laboratoire océanologique de Banyuls-sur-Mer signifiait que je pouvais faire de la plongée mon métier !

Mais une autre rencontre a été encore plus décisive avant, à l’âge de 17 ans, au large de Palavas-les-Flots. J’ai eu l’incroyable chance de croiser le chemin d’une dizaine de requins pèlerins. Je saoulais mon entourage avec mes crabes et poissons et là j’avais enfin un truc exceptionnel à raconter ! J’ai réalisé alors l’importance de l’image pour pouvoir témoigner et j’ai acheté un appareil photo argentique sous-marin.

Enfin, ma rencontre avec le cœlacanthe en 2010 est l’accomplissement d’un fantasme d’ado. En ramenant les premières images prises en plongée autonome de ce poisson fossile * dans son milieu naturel, en Afrique du Sud, on a fait un scoop ! Ça m’a ensuite ouvert toutes les portes pour les autres explorations ! Plus d'infos sur la mission scientifique à la recherche du coelacanthe

700 requins dans la nuit , Un film de Luc Marescot

700 requins dans la nuit , Un film de Luc Marescot

Les chasses nocturnes des requins illustrées comme jamais auparavant !

L'expédition menée sur le rassemblement de mérous dans la passe de Fakarava en Polynésie avec ces images fascinantes de requins a eu un vif succès auprès du grand public... Elle a été décisive pour toi ?

J’ai la sensation ultime d’être arrivé au bout d’une expédition ! Avec mon équipe, on s’est immergés durant 2 mois sur 5 années consécutives sur le même lieu. On a réalisé 3 000 heures de plongées nocturnes sur le même spot pour illustrer les chasses nocturnes des requins qui nous ont impressionnés, nous laissant parfois dans un état de sidération. Des puces électroniques ont été posées sur 40 de ces requins. On en a appris beaucoup sur leurs façons de chasser et sur leurs cycles de vie. Aujourd'hui, j’ai la sensation de maîtriser un lieu et en même temps, j’ai une bonne idée de mon ignorance ! Au total, il nous a fallu 5 ans pour filmer la ponte des mérous et ramener des images de qualité qui nous ont permis de réaliser deux films et un livre « 700 requins dans la nuit ». Je considère d’ailleurs ce livre comme le plus abouti artistiquement de mes ouvrages en terme de contenu et de contenant. C’était un véritable challenge de sortir un travail artistique inédit sur les requins de Polynésie où de nombreux plongeurs produisent des images de qualité.

Depuis votre passage, est-ce que la passe de Fakarava est plus fréquentée par les plongeurs ?

Les images attirent forcément plus de plongeurs dans la passe qui était déjà bien connue. La DIREN de Polynésie a pris en compte notre connaissance de la passe et nous a inclus dans la boucle pour mettre au point une nouvelle réglementation permettant aux plongeurs de profiter du site en en limitant les impacts. Le site est déjà bien protégé puisqu’il fait partie de la réserve de biosphère de Fakarava.

Le livre " 700 requins " : un beau cadeau de noël à partager pour les parents passionnés par les océans

Le livre " 700 requins " : un beau cadeau de noël à partager pour les parents passionnés par les océans

" Je veux surprendre en montrant qu’il y a encore de très belles choses à découvrir "

Après 3 000 heures de plongées sur un même spot, est-ce que tu as pu remarquer l'impact du changement climatique ?

Lors de nos plongées en 2016, toute la passe sud de Fakarava était blanche à cause du blanchissement de corail. L’année suivante, on a pu constater une amélioration avec 60 % de vitalité et 40 % de mortalité, ce qui correspond à un ration à peu près normal car le récif se remet assez bien en général. Le problème, c’est la fréquence des épisodes de blanchissement des coraux qui sont de plus en plus nombreux au niveau mondial.

Est-ce que tu restes optimiste pour l’avenir des océans ?

On peut encore découvrir de belles choses dans les océans en tâchant de les abîmer le moins possible. La question de savoir si l’on est optimiste ou pessimiste est stérile. Ce sont des postures d’immobilisme. Ce qui compte c’est d’agir. C’est la noblesse du geste qui importe, à savoir ne pas mourir sans avoir honte de n’avoir rien fait.

Peux-tu nous parler de la prochaine mission en Méditerranée ?

Avec cette nouvelle expédition, je réalise un rêve d’ado : vivre sous l’eau à saturation sans aucune limite de durée de plongée ** ! Les scaphandriers professionnels peuvent travailler jusqu’à 9 h par jour et jusqu’à 300 mètres de fond grâce à une cloche qui les remonte ensuite dans un caisson maintenu à la pression du fond. La décompression se fait en fin de mission qui peut durer jusqu’à 28 jours. Grâce au recycleur, nous pourrons nous éloigner de la cloche – c’est une première - pour explorer librement les fonds comme des cosmonautes hors de la station ! On a réalisé un test la semaine dernière, c’était incroyable : on a pu se balader durant 5 heures à 60 mètres en recycleur et on est ensuite restés durant 42 heures à 4 dans un caisson de décompression de 5 m2 ! Le test a été concluant et l’été prochain on pourra s’immerger bien plus profond et rester plusieurs jours sous l’eau grâce à ce système de plongée. Même si la pollution de la Méditerranée est préoccupante, je veux surprendre les gens et leur redonner espoir en leur montrant qu’il y a encore de très belles choses à découvrir. Au large de La Ciotat, à -80 m, il y a une forêt de corail noir hallucinante…

A quand la prochaine expédition en mer d’Iroise ?

On a répondu à plusieurs appels d’offres pour y réaliser des missions scientifiques mais les Bretons ont la priorité… Néanmoins, j’espère qu’il y aura d’autres opportunités.

Si tu avais l’opportunité de te réincarner en animal sous-marin, tu choisirais lequel ?

L’orque : c’est le roi des océans. C’est le seul animal qui peut se balader dans tous les océans depuis la banquise jusqu’eaux eaux tropicales…

Ce mammifère est également connu pour son attachement à sa famille durant toute sa vie...

Oui, en effet on peut conclure ainsi !

VOIR LA BANDE ANNONCE DU FILM 700 REQUINS DANS LA NUIT

Plus d'infos pour trouver un centre de plongée près de chez vous !

* Considéré comme éteint depuis l’époque des dinosaures, ce poisson fossile était réapparu par hasard dans un filet de pêche à la fin des années 30. En 2010, Laurent Ballesta et son équipe sont parvenus à le filmer dans son milieu naturel, des grottes situées à plus d'une centaine de mètres du canal du Mozambique.

** La plongée classique se fait avec des bouteilles d’air comprimé en circuit ouvert, mais pour aller plus profond et rester plus longtemps, les plongeurs utilisent un recycleur qui recycle l’air expiré tout en adaptant les mélanges de gaz en fonction de la profondeur atteinte, et en réduisant la proportion d’oxygène au-delà de 60 mètres.

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